Archive pour septembre 2008

Êtes-vous ombre, ou lumière?

«Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inadéquat. Notre peur la plus profonde c’est d’être puissant au-delà de toute mesure. » 

C’est notre côté lumineux, plutôt que notre coté obscur qui nous effraie davantage. Nous posons la question : Qui suis-je pour être brillant, magnifique, talentueux et fabuleux?

« Lorsque nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. Et lorsque nous sommes libérés de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres.»

Extrait du discours inaugural prononcé par Nelson Mandela lors de son élection comme nouveau président démocratique de l’Afrique du Sud en 1994.

Quelle belle entrée en matière, ombre et lumière. Dans ces termes, nous pouvons facilement imaginer que l’humain soit composé d’un coté sombre et d’un coté lumineux. Prenons le coté lumineux, il est vrai que beaucoup de gens ressentent un certain malaise à se faire complimenter comme si la peur de se vanter, d’être prétentieux l’emportait sur l’accueil simple du compliment en question. Comme si vous couriez un risque à accueillir le beau en vous! Pourquoi résister autant devant les beautés qui nous habitent?

Pourquoi est-ce si difficile d’être émerveillé par soi? Pourtant, plusieurs personnes sont en mesure de s’arrêter pour contempler un coucher de soleil, une tulipe poussée au printemps, un sourire d’enfant, une voiture sport, etc. C’est à croire qu’il est bien plus évident de voir le beau s’il est à l’extérieur de nous.

En dépit de la difficulté à s’apprécier, celle de nous dévaloriser semble, pour la plupart des gens, beaucoup plus facile. Habituellement, il est plus facile de se trouver des défauts que des qualités. Combien de personnes entretiennent, au secret de tous, un dialogue négatif avec elles-mêmes : je ne suis pas assez ceci, ou cela, j’aurais pu,  j’aurais dû, avoir su, que j’ai été stupide, quel épais, je suis poche, etc. En revanche, parler de l’ombre des autres semble, par son aisance, s’apparenter à un sport national. Dire qu’il y a des gens qui fuiront toute leur vie cette partie d’eux-mêmes, souffrant et en faisant souffrir ceux et celles qui les côtoient. C’est à croire qu’il est bien plus évident de voir le sombre s’il est à l’extérieur de nous. Dans le quotidien, avec un brin de franchise face à nous-mêmes, nous pouvons arriver à ressentir l’ombre et la lumière qui nous habitent tantôt en complémentarité et tantôt en adversité, ces deux parties sont à la base de bien de nos comportements. Il est curieux d’observer comment l’ombre peut cacher au fond une grande lumière et comment la lumière peut aussi cacher sa propre ombre. Voici un exemple d’ombre et un de lumière :

Vous avez déjà entendu parler des gens de leurs expériences douloureuses qui remettaient même leur vie en question et qui en touchant le fond du baril sont remontés grandis et transformés profondément. À ces gens lorsque je leur demande s’ils croient que la douleur était nécessaire pour ouvrir le chemin de la croissance ; malgré que personne n’aimerait y retourner, la réponse est pratiquement toujours OUI c’était nécessaire. L’ombre porte en elle-même des forces et des richesses incroyables qui sont à votre service…seule condition oser notre ombre. D’un autre coté, combien de fois j’ai vu des gens au début d’une relation amoureuse paraître totalement lumineux et habités par la profonde conviction d’être guéris de leur propre ombre. Comme l’ombre et la lumière cohabitent, le retour à la réalité est pour plusieurs un terrible moment à vivre. Dans ces circonstances, les gens ont davantage le réflexe de quitter la relation plutôt. que d’aller voir à l’intérieur d’eux-mêmes et oser jeter un oeil à leur propre ombre. En passant, justifier son propre malheur par l’ombre des autres c’est éphémère et stérile en résultat constructif. Tôt ou tard, se faire face et vivre son humanité deviennent souhaitables. Après tout l’amour, n’est-il pas l’accueil de l’autre en soi! ?

J’aimerais bien savoir si vous êtes plus à l’aise à côtoyer votre ombre ou votre lumière ? Avec laquelle vous sentez-vous mieux? Ma question peut paraître ridicule mais amusez-vous à vous arrêter quelques minutes et observez-vous au travail et à la maison : suis-je mieux avec mon coté ombrageux ou avec mon coté lumineux. Répondez-moi sur mon site, je lirai vos réponses avec grand intérêt.

Nous sommes dans un courrant où on aseptise tout, nous entendons souvent dire que nos corps sont tellement aseptisés qu’ils peinent à se défendre contre les agressions extérieures. Sommes-nous en train de faire la même chose avec nos cerveaux? Nous stimulons, comme société, tellement les gens au positiviste extrême, à la puissance d’une baguette magique pour tout régler que nous en perdons notre capacité d’agir lorsque, souvent bien malgré nous, nous plongeons dans notre ombre. Je vois souvent cela chez les enfants sur stimulés intellectuellement au détriment de l’émotionnel. Bien que pourvu de capacité rationnelle hors du commun, leur gestion émotionnelle est pitoyable. Au lieu d’agir sur la situation, ils se désorganisent et perdent tout contrôle. Lorsqu’ils seront pères ou mères ou encore sur le marché de l’emploi, je vous laisse deviner les conséquences.

Attention aux livres qui traitent de l’obligation de cultiver, seul, votre coté lumineux et découragent toute tentative de côtoyer ou d’accueillir l’ombre, de peur qu’une programmation néfaste se produise et empoisonne la vie toute entière. Se permettre notre propre ombre, c’est en quelque sorte préparer notre lumière. Une personne équilibrée n’est-elle pas celle qui arrive à habiter autant son ombre que sa lumière tout en conservant un certain sentiment de bien-être. Chose certaine, ça fait tellement de bien de côtoyer ces gens qui ont une connaissance d’eux-mêmes assez grande pour respecter ceux et celles qui les entourent et ce peu importe qu’ils soient dans leur ombre ou dans leur lumière. Pour moi, ces gens sont exceptionnels et nous stimulent à grandir souvent bien au-delà de nos pensées.

Désolé, Nelson, je crois, à bien y penser, que les être humains ont peur autant de leur ombre que de leur lumière. Il faut beaucoup d’humilité, de courage pour côtoyer sa propre ombre et s’avouer lorsque nos rayons de soleil nous éblouissent trop pour bien voir la réalité. Je suis, par contre en accord avec vous lorsque que vous dites :


«Lorsque nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. Et lorsque nous sommes libérés de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres »

Oser le meilleur de vous-mêmes, c’est apprendre à accueillir votre ombre et se permettre d’explorer ses expériences.

Oser le meilleur de vous-mêmes. c’est faire une place de choix à votre lumière, honorer votre beauté, cultiver vos forces, activer vos talents. Comme l’image de la balance en équilibre le suggère, oser le meilleur de soi, c’est  pouvoir aller sur le plateau de l’ombre et celui de la lumière en conservant le plus possible une attitude de respect envers soi et envers les gens qui nous entourent.

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