Archive pour la catégorie ‘Ombre’

Poule ou aigle ?

Ces temps ci, je suis intrigué par le nombre de personnes (enfants, adolescents, adultes) qui, pour toutes sortes de raisons, tentent d’éviter de rayonner leurs richesses et leur beauté. C’est comme si le nivellement par le bas avait la cote. Comme si l’être humain était finalement plus confortable avec son ombre qu’avec sa lumière.

En observant les gens, il serait facile d’émettre l’hypothèse que certains conflits demeurent présents dans leur vie à la seule fin des éloigner de leurs forces, leurs qualités, leurs énergies, leur beauté, leurs buts et de leurs rêves.

Voici donc un conte qui, je l’espère, vous inspirera à rayonner le meilleur de vous-même.

« Un jeune Indien se promenait seul dans la forêt. Il trouva un œuf d’aigle. Croyant qu’il s’agissait d’un œuf de poule de prairie, il le déposa dans un nid de poule de prairie.

L’oisillon vint au monde entouré de poules. Il se mit à marcher comme une poule, caqueter comme une poule, picorer comme une poule.

Un beau jour de printemps, le jeune oiseau vit une chose magnifique, c’était un immense oiseau qui s’élevait en planant dans les airs, avec une grande élégance. « Qu’est-ce-que cet oiseau ? », demanda le petit aigle élevé parmi les poules de prairie. « C’est un aigle, l’oiseau le plus beau de tous les oiseaux ! » Le petit aigle songea au privilège que ce devait être de pouvoir ainsi voler avec tant de grâce. Mais comme il savait qu’il ne pourrait jamais être un aigle, le jeune oiseau oublia rapidement son rêve.

Il vécut toute sa vie et mourut croyant qu’il était une poule de prairie. »

CONTE DU FOLKLORE
DES INDIENS D’AMÉRIQUE

Lorsqu’une personne suscite votre admiration par sa réussite personnelle et/ou professionnelle, rappelez-vous que si vous êtes touché par sa beauté, c’est que vous la portez en vous-même. Permettez-vous de la laisser croître.

Je vous souhaite un des plus beaux cadeaux de Noël, éveillez l’aigle en vous et osez lui donner la liberté d’ÊTRE.

 

*Source : L’estime de soi, Poletti R. & Dobbs B., Éditions Jouvence, Suisse, 1998, p. 9

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L’intimidation; rien dire, rien faire font de nous des complices

Je me souviens de ce jeune enfant de cinq ans qui, en plus de commencer la maternelle, fut confronté à l’intimidation d’un autre élève. Bien plus grand et plus fort, celui-ci le menaçait dans l’autobus le matin en lui disant que le soir venu, il en mangerait toute une. Imaginons quelques secondes cet enfant de cinq ans qui commence sa vie scolaire en vivant du terrorisme relationnel et la peur de la violence physique. Bien que l’école fut un endroit sécuritaire, les allers et retours dans l’autobus étaient tellement anxiogènes qu’ils occupaient toute la place dans le cœur et la tête de l’enfant. Ce suspense maléfique dura plusieurs mois jusqu’à ce qu’un ami de classe encore plus baraqué que l’agresseur, transmis, grâce à une raclée bien soulignée, le message de laisser l’enfant tranquille.

Malgré tout, en plus de manquer de disponibilité intellectuelle en classe, le corps de l’enfant commença à somatiser, à montrer des signes de détresses. Pour le reste de sa vie l’enfant dû composer avec la peur, le doute, le manque d’estime de soi. Même avec des personnes bien attentionnées, l’enfant est demeuré méfiant.

De par son intensité, l’intimidation peut laisser des traces lourdes de conséquences sur le développement d’un enfant, d’un adolescent et bien sûr, d’un adulte.

Lorsque vous voulez évaluer votre vie, vous pouvez le faire en fonction de trois axes, soit, Corporel, Intellectuel et Affectif. L’intimidation peut marquer une personne au fer rouge et les conséquences peuvent être nombreuses, voire même fatales. L’intimidation peut détruire l’être humain à petit feu. Chaque brûlure est cumulative et finit, dans certains cas, par avoir raison de la santé corporelle, intellectuelle et affective.

Nous associons souvent le mot intimidation au monde scolaire mais, comme vous le savez, il en existe aussi dans les couples, les familles et au travail. Dommage que l’intimidation pour certaines personnes soit une attitude valorisée et valorisante.

- Pourquoi certaines personnes ont-t-elles recourt à ce mode relationnel si destructeur?

- D’où vient leur besoin d’avoir des otages?

- Qui ou quoi leur ont enseigné ces techniques pernicieuses d’humiliation de manipulation et de dominance?

- Quelle est l’impacte, entre autre chez les enfants et les adolescents, du milieu familial, de la fratrie et que dire de l’exposition prolongée aux jeux vidéos violent en bas âge?

- Pourquoi ces agresseurs choisissent-ils souvent des gens sympathiques, intelligents, qui réussissent et qui rayonnent?

- Pourquoi ces gestes de violence gratuite sont-ils souvent valorisés par une partie de l’entourage?

L’intimidation peut être considérée comme une arme de destruction massive. Certaines personnes qui y sont confrontées s’en sortent bien tandis que d’autres en souffrent même mortellement. L’enfant, l’adolescent et l’adulte confronté dans sa vie personnelle et/ou professionnelle a souvent beaucoup de difficulté à dénoncer la situation. L’isolement, la peur, la honte, le doute, l’insécurité, le rejet, etc. ont souvent raison de la personne.

IL FAUT DÉNONCER L’INTIMIDATION. ÊTRE EXPOSÉ À L’INTIMIDATION EST EXTRÊMEMENT DANGEREUX POUR LA SANTÉ PHYSIQUE, INTELLECTUELLE ET AFFECTIVE. CE N’EST PAS SEULEMENT LE NOMBRE DE FOIS QUE LA PERSONNE EST EXPOSÉE QUI EST DANGEREUX MAIS BIEN SON INTENSITÉ. DANS CERTAINS CAS, UNE SEULE FOIS SUFFIT POUR CRÉER UN TRAUMATISME.

Attention à ceux et celles qui seraient portés à banaliser la dénonciation de l’intimidation à l’école, à la maison ou au travail. À vos yeux, la situation peut vous paraître banale mais aux yeux de la personne qui le vit, ça peut être fatale.

J’aimerais que vous preniez le temps de vous regarder et de vous questionner s’il vous arrive de vivre ou de faire vivre de l’intimidation dans vos milieux de vie personnels et professionnels. Nous devons nous protéger et protéger ceux et celles qui en sont victimes.

Certaines personnes (enfants, adolescents, adultes) en souffrent en silence, d’autres en souffrent dans le tumulte. Certains en meurent à petit feu tandis que d’autres s’enlèvent littéralement la vie.

Nous pouvons émettre l’hypothèse que ceux et celles qui se suicident veulent davantage arrêter de souffrir que de mourir.

Luc Doyon

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Le baril d’amour

Tous mes amis blogeurs me disent de faire des blogues plus souvent, de les faire courts, de mettre des liens, etc. Je suis probablement un blogueur différent, je préfère prendre plusieurs heures pour vous faire un texte qui est porteur de sens. En tout cas, pour l’instant c’est comme ça!

C’est à travers une petite histoire que je vous parle aujourd’hui…serez vous capables de vous arrêter et prendre le temps de lire cinq pages? Je vous suggère de laisser votre tête de côté et de lire cette métaphore avec votre cœur.

Le baril d’amour

Il était une fois une personne qui en avait assez de toujours avoir à combattre pour vivre sa vie. Un jour, elle décida de partir sur une route avec un sac à dos contenant de la nourriture et quelques vêtements. Après plusieurs jours de marche, la personne arriva à une croisée de chemins. Déjà fatiguée par sa vie et le trajet, elle se demanda pourquoi lui fallait-il encore décider quelque chose.

Tout près de là, il y avait une grosse roche sur laquelle elle s’est finalement assise. À sa gauche se présentait un chemin droit, d’apparence sans embûche, tandis qu’à sa droite, le chemin menait tout droit à une haute montagne.

Confuse, la personne décida d’aller demander conseil à sa tête quant à la meilleure direction à prendre. Aussitôt, la tête suggéra le chemin de gauche parce que, de façon logique et dans l’état actuel des choses, il serait préférable d’aller vers ce qui semble le plus habituel et le plus facile. D’un geste naturel, la personne remercia sa tête pour son conseil.

Après quelques instants, elle eut l’intuition d’aller vérifier ce que son cœur pensait de la situation. Après tout, elle ne lui avait fait que très peu de place et ce depuis fort longtemps. À sa grande surprise, son cœur lui suggéra d’emprunter le chemin de droite parce qu’il avait l’impression, le sentiment qu’il y avait quelque chose de bon. La personne a immédiatement réagi en disant au cœur qu’entre une intuition et la logique, la logique semblait de bien meilleur conseil. Dans sa sagesse et une infinie tendresse, le cœur ajouta, qu’il n’était et n’avait jamais été là pour imposer quoique ce soit, le plus qu’il pouvait offrir était une intuition, un « feeling ».

Dépourvue et agacée par ces histoires sur l’intuition, suivre ce que l’on ressent, écouter sa voix, etc., la personne se releva de sa roche et d’un geste brusque prit le chemin de gauche.

Bonne en, mal en, elle sentit comme une pression au niveau de son corps et encore plus de fatigue. L’impression, une fois de plus de trahir quelque chose qui vient de l’intérieur s’accentuait. Malgré tout elle continua d’avancer lourdement comme si le conseil de sa tête d’emprunter le chemin de gauche la sécurisait par sa facilité et sa familiarité mais …. C’est comme si la douleur procurait un certain réconfort, une impression de déjà vu.

À bout de souffle et épuisée, elle s’effondra sur le sol les yeux remplis d’eau et d’un mélange d’émotions comme la peine, la colère, l’amertume, elle était remplie de confusion et ses forces conscientes s’effritaient de seconde en seconde, jusqu’au sentiment de perte de contrôle. C’est à ce moment qu’elle réalisa que sa tête avait mené, jusqu’à maintenant, sa vie et que si elle continuait à ce rythme, elle en mourrait probablement.

Péniblement, elle se releva, encore confuse mais cette fois-ci guidée par l’intérieur. Son état de délabrement physique et psychologique était tel que même la crainte de faire confiance à son cœur était anesthésiée. Poussée par elle ne sait quoi, elle rebroussa son chemin et emprunta le chemin de droite.

Aussitôt, quelque chose de petit en elle lui apporta un léger réconfort. Fragile et abandonnée, elle regardait la montagne en se demandant comment ferait-elle pour parvenir au sommet. C’est à ce moment qu’elle entendit son cœur lui dire d’une voix calme, chaude et sereine : un pas à la fois.

La grande différence entre le monde de sa tête qui était davantage axé sur la performance, le paraître, le rationnel, la logique et le monde de son cœur, de son être provoqua une crise terrible. C’était comme si la tête refusait carrément d’échanger son trône ou du moins de le partager avec le cœur. Comme si la tête se sentait menacée par une plus grande présence du cœur. La violence fut telle que la personne pensa à rebrousser pour reprendre le chemin de gauche ou tout simplement à se laisser mourir là.

C’est à ce moment que la petite flamme du réconfort se ralluma de nouveau, la personne avait de la difficulté à l’idée que quelque chose de beau à l’intérieur d’elle puisse être avec une douce présence, sans conditions et sans attentes. Bien qu’étrangère à la vie de la personne qui habitait sa tête, cette présence saine prenait discrètement la place que la personne lui donnait. Dans toute cette ambiguïté, et poussée par un léger sentiment de curiosité, la personne décida donc de continuer de marcher vers la montagne.

Logiquement, pour la personne, entreprendre le défi de grimper la montagne dans sa condition actuelle était risqué « et parsemé d’inquiétudes qui semblaient vraies ». Poussée par les dernières énergies, pas à pas, elle commença son ascension.

À ce moment-ci de l’histoire, j’ose vous introduire la fée clochette du film Peter Pan. Imaginez la personne partagée entre son excitation de prendre une nouvelle direction pour vivre pleinement la beauté de son être, et l’agitation qui réanime les peurs, les anxiétés, la survie et stimule le retour aux anciens comportements, au confort inconfortable voir même douloureux.

C’est en pleine session de tiraillement à deux doigts du sabotage que la fée clochette entra en scène. Pendant un repos bien mérité, partagé entre la contemplation simple de la nature et l’agression des pensées négatives toujours présentes, Clochette dit : Chaque pas que tu feras te rapprochera de toi, tantôt dans ton coté lumineux et tantôt dans ton ombre. Laisses-les cohabiter, les deux sont ta force. Apprends à accueillir ton ombre, elle a aussi ses trésors cachés.

En montant ta montagne, une force d’attraction tentera de te faire revenir sur tes pas pour retrouver tes vielles habitudes. Tu dois donc être vigilante, garder ta conscience éveillée afin d’éviter les mécanismes de sabotage qui se mettront en fonction. Les épreuves peuvent être nombreuses mais dis-toi qu’à chaque fois que tu sentiras les saboteurs se présenter, c’est une occasion d’accueillir ton ombre et surtout de réaliser que leur présence est signe que tu avances, que tu grandis, que tu progresses. Rechoisis-toi, autant de fois qu’il le sera nécessaire. Évite le piège de la comparaison. À ce jeu, tu trouveras toujours mieux et pire.

Pour arriver au sommet, le chemin montera un peu, beaucoup, passionnément de telle sorte que tu pourras vivre l’exténuation et perdre le contact avec toi-même. En d’autre temps le sentier descendra, à ce moment, la colère, la frustration d’avoir fait tant d’efforts pour rien pourront aussi te faire perdre le contact avec toi-même. Il y aura aussi ses plats, des petits qui permettront le repos et les grands qui finiront par provoquer la tristesse, le découragement, l’anxiété, le goût d’abandonner. Ici encore, tu seras plus susceptible de perdre le contact avec toi-même.

Comme ton cerveau n’aime pas les vrais changements, il attendra les moments de perte de contact avec toi-même pour activer tes saboteurs. Sois vigilante, chez la plupart des gens les saboteurs gagnent souvent la partie.

Avec les conseils de la fée, la personne entreprit son ascension et fut bien sûr confrontée à tout ce que clochette avait dit. Cependant à chaque pas que la personne faisait, elle se rapprochait de la force de son être et malgré bien des épreuves, le sentiment de plénitude grandissant lui donnait la force et l’engagement face à elle-même de continuer. Plus elle montait, plus la douleur laissait sa place au plaisir.

Rendue au sommet, l’émerveillement était à son comble. La beauté de la nature et la beauté de sa nature étaient maintenant au diapason. C’est à ce moment qu’un autre personnage entre en scène : le sage. Se sentant observée, la personne regarda autour d’elle pour finalement croiser le regard d’un vieux sage accueillant et paisible. C’est à ce moment qu’elle se dirigea vers ce mystérieux personnage au charisme pénétrant. Dénudée de peurs, la personne s’adressa directement au sage, comme si sa présence, là, en ces moments était normale. « Pouvez-vous me dire ce que signifie aimer et être aimé? » Le sage sourit et lui dit à son tour : « imagine un baril, un tonneau dans lequel on dépose le vin ou la mélasse. Chaque être humain à un baril à l’intérieur de lui et dans ce baril, il y a l’amour que tu te donnes. Pas l’amour de ceux et celles qui sont près de toi, qui travaillent avec toi, non, non, non, ton amour de toi.

Premièrement, regarde à l’intérieur de toi et dis-moi quel est ton niveau d’amour dans ton baril? Au quart, à demi au trois quarts, peut- être y a-t-il un trou de sorte que tout ce qui entre en sort aussitôt. Sois sincère avec toi- même; quel est ton niveau d’amour de toi?

Deuxièmement et peu importe ton niveau, tu dois faire tout ce que tu peux pour emplir ton baril d’amour de toi. Une fois plein, tu dois le faire déborder. Écoute-moi bien, une fois que ton baril déborde, prends ce qui déborde et partage-le avec ceux et celles que tu aimes. Autant que possible ne laisse personne, ni aucune circonstance puiser une seule goutte dans ton baril d’amour. Si tu laisses les gens et les circonstances puiser dans ton baril d’amour, tu n’en seras que blessée et affaiblie.

À ces mots, la personne dit au sage : mais est-ce que ce n’est pas égoïste de tout garder l’amour qui est dans notre baril? Le sage répondit : c’est possible. Si tu fais tout ce que tu peux pour emplir ton baril, le faire déborder et que tu gardes tout cela pour toi, tu agis de façon égoïste. Par contre si tu partages ce qui déborde, tu te respecteras et donneras aux autres de l’amour qui rend libre.

Imagine le jour où tu arrives à pouvoir, la plupart du temps, aimer une personne de l’amour qui déborde de ton baril et que tu es aimée de l’amour qui déborde du baril de l’autre…WOW

Rappelle-toi : Autant que possible ne laisse personne, ni aucune circonstance puiser une seule goutte dans ton baril d’amour. Plus ton baril est plein, plus ton potentiel peut s’épanouir pleinement. Monte tes montagnes personnelles et professionnelles, peut-être que Clochette et le sage t’y attendent déjà!

Bonne année 2009, merci à tous ceux et celles qui prennent le temps de me lire, de me laisser des témoignages, et de me partager avec ceux et celles que mes textes peuvent rejoindre et leur faire du bien.

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Êtes-vous ombre, ou lumière?

«Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inadéquat. Notre peur la plus profonde c’est d’être puissant au-delà de toute mesure. » 

C’est notre côté lumineux, plutôt que notre coté obscur qui nous effraie davantage. Nous posons la question : Qui suis-je pour être brillant, magnifique, talentueux et fabuleux?

« Lorsque nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. Et lorsque nous sommes libérés de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres.»

Extrait du discours inaugural prononcé par Nelson Mandela lors de son élection comme nouveau président démocratique de l’Afrique du Sud en 1994.

Quelle belle entrée en matière, ombre et lumière. Dans ces termes, nous pouvons facilement imaginer que l’humain soit composé d’un coté sombre et d’un coté lumineux. Prenons le coté lumineux, il est vrai que beaucoup de gens ressentent un certain malaise à se faire complimenter comme si la peur de se vanter, d’être prétentieux l’emportait sur l’accueil simple du compliment en question. Comme si vous couriez un risque à accueillir le beau en vous! Pourquoi résister autant devant les beautés qui nous habitent?

Pourquoi est-ce si difficile d’être émerveillé par soi? Pourtant, plusieurs personnes sont en mesure de s’arrêter pour contempler un coucher de soleil, une tulipe poussée au printemps, un sourire d’enfant, une voiture sport, etc. C’est à croire qu’il est bien plus évident de voir le beau s’il est à l’extérieur de nous.

En dépit de la difficulté à s’apprécier, celle de nous dévaloriser semble, pour la plupart des gens, beaucoup plus facile. Habituellement, il est plus facile de se trouver des défauts que des qualités. Combien de personnes entretiennent, au secret de tous, un dialogue négatif avec elles-mêmes : je ne suis pas assez ceci, ou cela, j’aurais pu,  j’aurais dû, avoir su, que j’ai été stupide, quel épais, je suis poche, etc. En revanche, parler de l’ombre des autres semble, par son aisance, s’apparenter à un sport national. Dire qu’il y a des gens qui fuiront toute leur vie cette partie d’eux-mêmes, souffrant et en faisant souffrir ceux et celles qui les côtoient. C’est à croire qu’il est bien plus évident de voir le sombre s’il est à l’extérieur de nous. Dans le quotidien, avec un brin de franchise face à nous-mêmes, nous pouvons arriver à ressentir l’ombre et la lumière qui nous habitent tantôt en complémentarité et tantôt en adversité, ces deux parties sont à la base de bien de nos comportements. Il est curieux d’observer comment l’ombre peut cacher au fond une grande lumière et comment la lumière peut aussi cacher sa propre ombre. Voici un exemple d’ombre et un de lumière :

Vous avez déjà entendu parler des gens de leurs expériences douloureuses qui remettaient même leur vie en question et qui en touchant le fond du baril sont remontés grandis et transformés profondément. À ces gens lorsque je leur demande s’ils croient que la douleur était nécessaire pour ouvrir le chemin de la croissance ; malgré que personne n’aimerait y retourner, la réponse est pratiquement toujours OUI c’était nécessaire. L’ombre porte en elle-même des forces et des richesses incroyables qui sont à votre service…seule condition oser notre ombre. D’un autre coté, combien de fois j’ai vu des gens au début d’une relation amoureuse paraître totalement lumineux et habités par la profonde conviction d’être guéris de leur propre ombre. Comme l’ombre et la lumière cohabitent, le retour à la réalité est pour plusieurs un terrible moment à vivre. Dans ces circonstances, les gens ont davantage le réflexe de quitter la relation plutôt. que d’aller voir à l’intérieur d’eux-mêmes et oser jeter un oeil à leur propre ombre. En passant, justifier son propre malheur par l’ombre des autres c’est éphémère et stérile en résultat constructif. Tôt ou tard, se faire face et vivre son humanité deviennent souhaitables. Après tout l’amour, n’est-il pas l’accueil de l’autre en soi! ?

J’aimerais bien savoir si vous êtes plus à l’aise à côtoyer votre ombre ou votre lumière ? Avec laquelle vous sentez-vous mieux? Ma question peut paraître ridicule mais amusez-vous à vous arrêter quelques minutes et observez-vous au travail et à la maison : suis-je mieux avec mon coté ombrageux ou avec mon coté lumineux. Répondez-moi sur mon site, je lirai vos réponses avec grand intérêt.

Nous sommes dans un courrant où on aseptise tout, nous entendons souvent dire que nos corps sont tellement aseptisés qu’ils peinent à se défendre contre les agressions extérieures. Sommes-nous en train de faire la même chose avec nos cerveaux? Nous stimulons, comme société, tellement les gens au positiviste extrême, à la puissance d’une baguette magique pour tout régler que nous en perdons notre capacité d’agir lorsque, souvent bien malgré nous, nous plongeons dans notre ombre. Je vois souvent cela chez les enfants sur stimulés intellectuellement au détriment de l’émotionnel. Bien que pourvu de capacité rationnelle hors du commun, leur gestion émotionnelle est pitoyable. Au lieu d’agir sur la situation, ils se désorganisent et perdent tout contrôle. Lorsqu’ils seront pères ou mères ou encore sur le marché de l’emploi, je vous laisse deviner les conséquences.

Attention aux livres qui traitent de l’obligation de cultiver, seul, votre coté lumineux et découragent toute tentative de côtoyer ou d’accueillir l’ombre, de peur qu’une programmation néfaste se produise et empoisonne la vie toute entière. Se permettre notre propre ombre, c’est en quelque sorte préparer notre lumière. Une personne équilibrée n’est-elle pas celle qui arrive à habiter autant son ombre que sa lumière tout en conservant un certain sentiment de bien-être. Chose certaine, ça fait tellement de bien de côtoyer ces gens qui ont une connaissance d’eux-mêmes assez grande pour respecter ceux et celles qui les entourent et ce peu importe qu’ils soient dans leur ombre ou dans leur lumière. Pour moi, ces gens sont exceptionnels et nous stimulent à grandir souvent bien au-delà de nos pensées.

Désolé, Nelson, je crois, à bien y penser, que les être humains ont peur autant de leur ombre que de leur lumière. Il faut beaucoup d’humilité, de courage pour côtoyer sa propre ombre et s’avouer lorsque nos rayons de soleil nous éblouissent trop pour bien voir la réalité. Je suis, par contre en accord avec vous lorsque que vous dites :


«Lorsque nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. Et lorsque nous sommes libérés de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres »

Oser le meilleur de vous-mêmes, c’est apprendre à accueillir votre ombre et se permettre d’explorer ses expériences.

Oser le meilleur de vous-mêmes. c’est faire une place de choix à votre lumière, honorer votre beauté, cultiver vos forces, activer vos talents. Comme l’image de la balance en équilibre le suggère, oser le meilleur de soi, c’est  pouvoir aller sur le plateau de l’ombre et celui de la lumière en conservant le plus possible une attitude de respect envers soi et envers les gens qui nous entourent.

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