Archive pour décembre 2011

Poule ou aigle ?

Ces temps ci, je suis intrigué par le nombre de personnes (enfants, adolescents, adultes) qui, pour toutes sortes de raisons, tentent d’éviter de rayonner leurs richesses et leur beauté. C’est comme si le nivellement par le bas avait la cote. Comme si l’être humain était finalement plus confortable avec son ombre qu’avec sa lumière.

En observant les gens, il serait facile d’émettre l’hypothèse que certains conflits demeurent présents dans leur vie à la seule fin des éloigner de leurs forces, leurs qualités, leurs énergies, leur beauté, leurs buts et de leurs rêves.

Voici donc un conte qui, je l’espère, vous inspirera à rayonner le meilleur de vous-même.

« Un jeune Indien se promenait seul dans la forêt. Il trouva un œuf d’aigle. Croyant qu’il s’agissait d’un œuf de poule de prairie, il le déposa dans un nid de poule de prairie.

L’oisillon vint au monde entouré de poules. Il se mit à marcher comme une poule, caqueter comme une poule, picorer comme une poule.

Un beau jour de printemps, le jeune oiseau vit une chose magnifique, c’était un immense oiseau qui s’élevait en planant dans les airs, avec une grande élégance. « Qu’est-ce-que cet oiseau ? », demanda le petit aigle élevé parmi les poules de prairie. « C’est un aigle, l’oiseau le plus beau de tous les oiseaux ! » Le petit aigle songea au privilège que ce devait être de pouvoir ainsi voler avec tant de grâce. Mais comme il savait qu’il ne pourrait jamais être un aigle, le jeune oiseau oublia rapidement son rêve.

Il vécut toute sa vie et mourut croyant qu’il était une poule de prairie. »

CONTE DU FOLKLORE
DES INDIENS D’AMÉRIQUE

Lorsqu’une personne suscite votre admiration par sa réussite personnelle et/ou professionnelle, rappelez-vous que si vous êtes touché par sa beauté, c’est que vous la portez en vous-même. Permettez-vous de la laisser croître.

Je vous souhaite un des plus beaux cadeaux de Noël, éveillez l’aigle en vous et osez lui donner la liberté d’ÊTRE.

 

*Source : L’estime de soi, Poletti R. & Dobbs B., Éditions Jouvence, Suisse, 1998, p. 9

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L’intimidation; rien dire, rien faire font de nous des complices

Je me souviens de ce jeune enfant de cinq ans qui, en plus de commencer la maternelle, fut confronté à l’intimidation d’un autre élève. Bien plus grand et plus fort, celui-ci le menaçait dans l’autobus le matin en lui disant que le soir venu, il en mangerait toute une. Imaginons quelques secondes cet enfant de cinq ans qui commence sa vie scolaire en vivant du terrorisme relationnel et la peur de la violence physique. Bien que l’école fut un endroit sécuritaire, les allers et retours dans l’autobus étaient tellement anxiogènes qu’ils occupaient toute la place dans le cœur et la tête de l’enfant. Ce suspense maléfique dura plusieurs mois jusqu’à ce qu’un ami de classe encore plus baraqué que l’agresseur, transmis, grâce à une raclée bien soulignée, le message de laisser l’enfant tranquille.

Malgré tout, en plus de manquer de disponibilité intellectuelle en classe, le corps de l’enfant commença à somatiser, à montrer des signes de détresses. Pour le reste de sa vie l’enfant dû composer avec la peur, le doute, le manque d’estime de soi. Même avec des personnes bien attentionnées, l’enfant est demeuré méfiant.

De par son intensité, l’intimidation peut laisser des traces lourdes de conséquences sur le développement d’un enfant, d’un adolescent et bien sûr, d’un adulte.

Lorsque vous voulez évaluer votre vie, vous pouvez le faire en fonction de trois axes, soit, Corporel, Intellectuel et Affectif. L’intimidation peut marquer une personne au fer rouge et les conséquences peuvent être nombreuses, voire même fatales. L’intimidation peut détruire l’être humain à petit feu. Chaque brûlure est cumulative et finit, dans certains cas, par avoir raison de la santé corporelle, intellectuelle et affective.

Nous associons souvent le mot intimidation au monde scolaire mais, comme vous le savez, il en existe aussi dans les couples, les familles et au travail. Dommage que l’intimidation pour certaines personnes soit une attitude valorisée et valorisante.

- Pourquoi certaines personnes ont-t-elles recourt à ce mode relationnel si destructeur?

- D’où vient leur besoin d’avoir des otages?

- Qui ou quoi leur ont enseigné ces techniques pernicieuses d’humiliation de manipulation et de dominance?

- Quelle est l’impacte, entre autre chez les enfants et les adolescents, du milieu familial, de la fratrie et que dire de l’exposition prolongée aux jeux vidéos violent en bas âge?

- Pourquoi ces agresseurs choisissent-ils souvent des gens sympathiques, intelligents, qui réussissent et qui rayonnent?

- Pourquoi ces gestes de violence gratuite sont-ils souvent valorisés par une partie de l’entourage?

L’intimidation peut être considérée comme une arme de destruction massive. Certaines personnes qui y sont confrontées s’en sortent bien tandis que d’autres en souffrent même mortellement. L’enfant, l’adolescent et l’adulte confronté dans sa vie personnelle et/ou professionnelle a souvent beaucoup de difficulté à dénoncer la situation. L’isolement, la peur, la honte, le doute, l’insécurité, le rejet, etc. ont souvent raison de la personne.

IL FAUT DÉNONCER L’INTIMIDATION. ÊTRE EXPOSÉ À L’INTIMIDATION EST EXTRÊMEMENT DANGEREUX POUR LA SANTÉ PHYSIQUE, INTELLECTUELLE ET AFFECTIVE. CE N’EST PAS SEULEMENT LE NOMBRE DE FOIS QUE LA PERSONNE EST EXPOSÉE QUI EST DANGEREUX MAIS BIEN SON INTENSITÉ. DANS CERTAINS CAS, UNE SEULE FOIS SUFFIT POUR CRÉER UN TRAUMATISME.

Attention à ceux et celles qui seraient portés à banaliser la dénonciation de l’intimidation à l’école, à la maison ou au travail. À vos yeux, la situation peut vous paraître banale mais aux yeux de la personne qui le vit, ça peut être fatale.

J’aimerais que vous preniez le temps de vous regarder et de vous questionner s’il vous arrive de vivre ou de faire vivre de l’intimidation dans vos milieux de vie personnels et professionnels. Nous devons nous protéger et protéger ceux et celles qui en sont victimes.

Certaines personnes (enfants, adolescents, adultes) en souffrent en silence, d’autres en souffrent dans le tumulte. Certains en meurent à petit feu tandis que d’autres s’enlèvent littéralement la vie.

Nous pouvons émettre l’hypothèse que ceux et celles qui se suicident veulent davantage arrêter de souffrir que de mourir.

Luc Doyon

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